Laura Clergue, sa passion du padel lui donne des ailes
L'Aixoise s'est exilée en Espagne pour conquérir le World Tour
Comme beaucoup de joueuses de padel, Laura Clergue a débuté par le tennis en suivant les traces de sa maman et de son frère. Sacrée plusieurs fois championne de Provence jusqu'à ses 14 ans, l'avenir est prometteur. Mais arrivée à saturation, elle arrête la compétition et se consacre à ses études.
Bonne élève, elle décroche son diplôme d'ingénieur des travaux publics de l'Etat (TPE) et intègre la CEREMA (Ex CETE) sur le pôle d'activité d'Aix-en-Provence (PAAP). Sportive accomplie, elle a également fait 7 ans de gymnastique, 4 ans de handball et est classée 4/6 au tennis.
La rencontre avec le padel se fait un peu par hasard, en 2014. Son frère, qui se rend souvent en Espagne, lui parle de ce sport très en vogue chez nos voisins ibériques (deuxième sport le plus populaire après le football), c'est le coup de foudre ! "C'est un sport très convivial. Nous sommes quatre sur un terrain qui fait le tiers d'un terrain de tennis. On peut se parler, échanger. C'est également un sport très tactique que l'on peut pratiquer à haut niveau jusqu'à plus de 40 ans ", précise la jeune championne à l'enthousiasme communicatif.
Des résultats fulgurants
Si elle pratiquait le tennis au tennis club de Bouc-Bel-Air, c'est au Set club d'Aix-en-Provence qu'elle fait ses premiers pas en padel. Elle y rencontre Audrey Casanova, cordeuse au club, et l'aventure démarre. Depuis, les deux jeunes femmes se partagent la place de première française et obtiennent même la médaille de bronze aux championnats d'Europe en 2017.
Mais chez Laura, le virus du padel est ancré très profondément. Alors c'est décidé, elle veut devenir professionnelle.
En 2017, elle obtient un congé formation de son employeur et part s'installer à Madrid afin d'intégrer le World Padel Tour, considéré comme le premier circuit professionnel au monde.
Encadrée par une équipe sportive et médicale de haut niveau, elle poursuit sa progression et dépasse très rapidement les objectifs définis par son entraîneur. "L'objectif était d'essayer de rentrer au moins une fois dans le tableau final de la douzaine de tournois auxquels j'allais participer. J'ai réussi dès le mois d'avril et je l'ai fait huit fois ! ", annonce fièrement Laura. Classée au-delà de la centième place du circuit à son arrivée, elle est aujourd'hui 46ème. Seule française dans le top 100 du circuit pro, devant, on ne retrouve ques des Espagnoles, Argentines, hormis une Portugaise.
De gros espoirs pour 2018
2017 s'est achevé de la meilleure des manières puisque, associée à sa partenaire ibérique, Meli Garcia Truchado (Laura reste associée à Audrey Casanova en France), elle a réussi à accéder aux 1/8èmes de finale du dernier tournoi de l'année. 2018 s'annonce donc sous les meilleurs auspices !
Après avoir pris un peu de repos et retrouvé sa famille pour les fêtes de fin d'année, elle est rentrée à Madrid à la mi-janvier afin de démarrer le travail foncier d'avant saison. "Avec le travail foncier, je découvre des muscles que je ne connaissais pas", indique Laura dans un grand éclat de rire avant d'ajouter. "J'ai mal partout, j'ai des courbatures, mais j'aime ça ! De plus, j'adore la vie espagnole. Les gens sont heureux, accueillants. Même si ma famille me manque, ma vie est ici maintenant".
Côté finances, ce n'est pas encore la panacée. Elle bénéficie pourtant du soutien de sponsors français (dont une société informatique aixoise) et espagnols, à qui elle consacre quelques journées pour transmettre sa passion et surtout insuffler un esprit conquérant dans l'entreprise comme elle sait le faire sur le terrain. Mais pour vivre correctement de sa passion, Laura a encore besoin de progresser dans la hiérarchie mondiale. Son grand rendez-vous de l'année devrait d'ailleurs être le championnat du monde, qui se déroulera au Paraguay en novembre prochain, au cours duquel elle espère porter haut les couleurs françaises.
A 27 ans, après seulement 4 années de pratique, tous les espoirs sont permis !